Chateaubriand (Inaki Aizpitarte) Paris 11

Catégorie :  Gastronomique / Bistrot / Branché.
Avis : Très Bien.
Prix : Raisonnable.

Chateaubriand, c’est un peu le météore de la gastronomie française. Inconnu au bataillon des étoilés hexagonaux, ce restaurant a grillé la politesse à presque tous ses prestigieux compères français au sein du World’s 50 best Restaurants, passant de la 40ème place en 2009 à la 11ème en 2010 pour atteindre la 9ème place en 2011, enfin la 15ème place en 2012. Inaki Aizpitarte est le second chef français listé par ce palmarès cette même année. Il est précédé de Joël Robuchon pour son Atelier à la 12e place, et suivi de l’Arpège à la 16e place, Pierre Gagnaire à la 17e place et L’Astrance à la 18e place. Les deux derniers restaurants français que l’on retrouvera ici seront Mirazur à la 24e place et Bras à la 47e place.

On discutera longtemps de la pertinence de ce classement international. On imaginera un coup marketing destiné à assurer une large publicité à la marque d’eau pétillante italienne San Pellegrino, ainsi qu’au magazine anglais Restaurant. On pourra mettre en question le mode de désignation des panels professionnels, le choix d’une sectorisation par régions du monde ou enfin considérer qu’il s’agit là d’une volonté anglo-saxonne de mettre à mal la suprématie de la France en matière de haute restauration. Il n’empêche, cette liste est devenue structurante pour le champ de la gastronomie mondiale, elle est attentivement scrutée et commentée : il semble difficile de ne pas en tenir compte.

IMG_1080Au delà de la simple position de Chateaubriand dans ce classement, le parcours d’Inaki Aizpitarte est atypique. Ce chef d’origine basque est un autodidacte, il n’est passé par aucune grande table, même s’il a été remarqué au restaurant du Mac/Val et chez La Famille à Montmartre.

Son installation, dans un authentique bistrot, dont tous les éléments d’époque ont été conservés, au sein d’un quartier encore populaire constitue un statement sur la cuisine qui nous sera proposée.

IMG_1075Nous voilà donc assis à notre petite table, sans nappe, dans un petit coin, au coude à coude avec nos voisins. Si leur conversation est intéressante, on pourra toujours en profiter. Le service est à cette image : cool et sans façon. Le chef de salle s’installera à la table voisine, non encore occupée, pour nous expliquer le détail du menu.

IMG_1081Menu unique (5 plats sans compter les amuse-bouches) à 60 € pour tout le monde. L’accompagnement de chaque assiette par un verre de vin (ou de cidre selon) choisi par le sommelier, doublera le prix, le tout pour une cuisine plutôt brillante qui semble s’être donné pour mot d’ordre : « Tout est possible ! » Ainsi par exemple d’une bonite accompagnée de navets, de fruits rouges, pourpier et sureaux ou d’un maquereau avec shiso et pastèque.

On aime moins le cabillaud accompagné de choux-fleur et pil-pil, la pintade accompagnée de carottes et d’une sauce tandoori, ou la cerise et son sorbet, sans doute trop sage.

IMG_1078Avec Inaki Aizpitarte, on entre dans le secteur Recherche et Développement de la gastronomie française. L’assiette est épurée mais sans chichi, toujours inventive et souvent érudite dans les choix de produits, condiments et épices utilisés. Elle va à ce qui semble essentiel pour ce chef, à savoir une déconstruction-reconstruction culinaire en forme de recherche de nouvelles correspondances gustatives. Tout n’est sans doute pas parfait, mais le repas, dans son genre, s’avère mémorable.

IMG_1086Le Chateaubriand n’est ouvert qu’au dîner. Le nombre de tables étant limité et la demande importante, la réservation est difficile. Pour éviter que le restaurant ne soit complet des mois à l’avance, celle-ci est ouverte quinze jours jour pour jour avant la date de votre dîner, à partir de 15 heures et uniquement par téléphone. Non motivés s’abstenir !

Un second service a été mis en place tous les soirs à partir de 21h30 : à mesure que les tables se libèrent, elles sont réattribuées selon le principe du « premier arrivé premier placé ». Il y a du monde, mais pas tant que ça finalement et l’on peut prendre un verre au bar en attendant. Quatre personnes par table maximum pour ce second service.

IMG_1083Pas de dress-code, mais bien plutôt quelque chose comme un non-dress-code : ne pas trop s’habiller et rester simple. La clientèle est extrêmement diverse (c’est d’ailleurs un des charmes de l’établissement) : des jeunes (et moins jeunes) du quartier, attirés par des prix somme toute modiques, des gastronomes et des curieux qui viennent de plus loin dans Paris, enfin pas mal de touristes et parmi eux beaucoup d’étrangers, notamment anglo-saxons.

Comme l’endroit est vraiment trop cool, il n’y a pas de voiturier. En voiture, vous aurez donc deux options, vous garer n’importe où et n’importe comment dans le coin, car il n’y a pas de parking public payant à proximité, ou louer les services d’un chauffeur pour la soirée. Enfin, vous pouvez aussi renoncer purement et simplement à votre véhicule pour venir en métro ou vélib: alors, votre niveau de coolitude sera total !

En Résumé :

Le(s) plus : Une cuisine inventive, brillante parfois. Le second service sans réservation. Le rapport qualité-prix.
Le(s) moins : Les rangées de poubelles vertes devant le restaurant le soir. La difficulté à réserver une table pour le premier service. Certains choix discutables de vin au verre.

Conclusion : Evidemment une des tables incontournables du moment.

Le Chateaubriand
129, avenue Parmentier
75 011 Paris
Ouvert seulement au dîner.
Fermé dimanche et lundi.
Tél. : 01 43 57 45 95

Vous retrouverez la liste complète de ce palmarès culinaire ci-dessous :

http://www.theworlds50best.com/awards/1-50-winners/

Aussi, le site de Restaurant Magazine, à l’origine avec la marque italienne d’eau pétillante San Pellegrino de ce classement :

http://www.restaurantmagazine.com/

Si Le Chateaubriand n’est ouvert qu’au dîner, vous retrouverez la cuisine de Inaki Aizpitarte au déjeuner, juste à côté, au 133 de l’avenue Parmentier, chez Le Dauphin. Cadre très contemporain signé Koolhas pour ce « restaurant-bar », qui propose aussi des tapas le soir.

Après un passage au café du 104, l’espace culturel initié par la mairie de Paris dans le 19e arrondissement, qui semble avoir du mal à trouver ses marques, sa direction artistique et son équilibre financier, Delphine Zampetti, compagne du chef basque à la ville, a ouvert son propre établissement rue de la roquette dans le 11e arrondissement : CheZ Aline.

Le Dauphin
133, avenue Parmentier
75 011 Paris

CheZ Aline
85, rue de la Roquette
75 011 Paris
Ouvert de 10h30 à 19h, pas de dîner.

Une réflexion au sujet de « Chateaubriand (Inaki Aizpitarte) Paris 11 »

  1. Je suis allé diné hier soir 16.01.2013,
    Quelle déception!
    Quelle déconvenue, j’aime toutes les cuisines, mais ceci n’est pas de la cuisine et les produits ne sont pas de bonne qualité, c’est dommage, le chef n’était pas là, je n’ai pas pu en parler avec lui.

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