Jules Vernes * (Alain Ducasse/Pascal Feraud) Tour Eiffel / Paris 7

Catégorie :  Gastronomique.
Avis : Bien.
Prix : Hors de prix.
Statut : Déjeuner Anonyme.

Créé en 1983, le Jules Verne, restaurant gastronomique du second étage de la Tour Eiffel, a été repris par Alain Ducasse en partenariat avec le groupe Sodhexo en 2007 dans le cadre d’un appel d’offre de la mairie de Paris pour cette concession et réouvert en décembre 2008.

La carte du Jules Verne propose d’abord et avant tout une offre centrée de façon claire, et d’ailleurs très efficace, sur quelques-uns des produits stars de nos tables gastronomiques hexagonales : foie gras de canard avec des agrumes en fine gelée, langoustine rôtie, pavé de bar en meunière, tronçon de turbot, tournedos de bœuf entre autres. À cette occasion, on retrouvera quelques touches méditerranéennes plus typiquement ducassiennes, comme ce rouget de méditerranée farci et braisé au fumet de bouillabaisse, de même qu’un cookpot de légumes et fruits de saison, désormais incontournable sur les cartes de tous les établissements du groupe.

IMG_3015Les assiettes, bien calibrées, élégantes et légères, témoignent d’un beau savoir-faire. La présentation sera tantôt contemporaine à l’image de ces écrevisses rafraîchies, tantôt plus familiale, voire rustique, comme cette cassolette de ris de veau, cette escalope de foie gras ou ce pigeon rôti présentés chacun en cocotte. On reconnaîtra aussi un traitement des légumes typique des établissements du grand chef entrepreneur français.

Pas de world food et autres yuzu pourtant devenus presque incontournables ailleurs car c’est plutôt à un voyage façon parc d’attraction à travers différentes facettes d’une gastronomie très franco-française que nous convie le groupe Ducasse. Pas franchement révolutionnaire donc, mais joliment réussi dans l’ensemble. Ce voyage, on le doit à Pascal Feraud, jeune chef de 34 ans, originaire de Cavaillon, et passé entre autres par les cuisines du Négresco à Nice, Lucas Carton à Paris, Louis XV à Monte-Carlo, Spoon at Sanderson à Londres.IMG_3014

Les mauvaises langues pourront trouver l’offre de desserts un peu faible. L’écrou au chocolat, pourtant cohérent ici, s’avère roboratif et sans nuance. Parmi les autres propositions de fin de repas un (néo) vacherin contemporain (comprendre déstructuré) mangue et gingembre, une poire confite réglisse/vanille, ou un baba.

Le décor et l’ambiance sont à porter au crédit du designer Patrick Jouin, compagnon habituel d’Alain Ducasse. Exit les hublots et autres couleurs sombres, très eighties, destinés sans doute à nous replonger dans l’ambiance des œuvres de Jules Verne. Place à l’élégance discrète du taupe, aux panneaux de plafond organiques et à des fauteuils aux courbes délicieusement psychédéliques. Seul problème, les tables sont nombreuses (120 couverts au total) et beaucoup trop proches les unes des autres.

Le fond sonore musical aurait aussi pu être évité : impersonnel et sans charme, il donne la très désagréable impression de se trouver dans une zone d’embarquement aéroportuaire.

IMG_3020Les prix, élevés pour un restaurant « une étoile » classique parisien, s’expliquent sans doute par l’emplacement exceptionnel du restaurant et la vue imprenable qu’il propose (voir la vidéo de la montée en ascenseur à la fin de cette chronique).

Le service, comme toujours dans les établissements d’Alain Ducasse, est très bien rôdé et sans  (mauvaise) surprise. Il y a peu d’attente dans l’ensemble.

Alain Ducasse voulait rendre le Jules Verne aux Parisiens ? Pas sûr que le pari soit gagné in fine tant la clientèle, certes très hétérogène, semble malgré tout venir en général d’assez loin : provinciale pour partie, étrangère pour une autre, banlieusarde enfin, il y a de tout, mais force est de constater que c’est extrêmement touristique et fort peu parisien dans l’ensemble.

IMG_3002La réservation est indispensable, mais plus simple que par le passé: les fax et autres mails compliqués sont heureusement passés aux oubliettes. Si le site web du restaurant indique toujours que la réservation se fait « exclusivement sur internet », n’hésitez pas à téléphoner au restaurant et à vous laisser guider parmi les options, vous finirez par obtenir un correspondant, c’est nettement plus simple. N’hésitez pas non plus à tenter votre chance le jour même, entre 11 heures et midi, on ne sait jamais.

Menu carte ( 4 entrées, 4 poissons, 4 viandes, 5 desserts au choix)  à 165 €. Menus « dégustation » ( deux entrées, un ou deux plats et deux desserts ) à 165 et 210 €. 

Voiturier.

En résumé :

Le(s) plus : La vue exceptionnelle. Des assiettes élégantes et raffinées dans l’ensemble. Très efficace.
Le(s) moins : Beaucoup de bruit, des tables les unes sur les autres. Une musique de fond absolument hideuse. L’expérience gastronomique pourra ne plus être tout à fait la même si le chef change. Une cuisine très franco-française.

Conclusion : Alain Ducasse a réveillé le Jules Verne avec beaucoup de style. Une adresse où il faut avoir été au moins une fois, de préférence avec de la famille ou des amis de passage à Paris…. Ou alors vraiment si vous êtes à cours d’idée pour une demande en mariage!

Jules Verne
Tour Eiffel
5, avenue Gustave Eiffel (Pilier Sud)
75 007 Paris
Ouvert 7j/7, déjeuner et dîner.
Téléphone : 01 45 55 61 44
http://www.lejulesverne-paris.com/

Vous pouvez lire la page wikipédia consacrée à Patrick Jouin en suivant l’adresse ci-dessous :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Jouin

D’autres restaurants pilotés par Alain Ducasse ont été chroniqués sur ce site, vous pouvez en consulter la liste en cliquant ici.


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