Promenade parmi les restaurants deux et trois étoiles de la région PACA

IMG_2510Première destination touristique nationale en été, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur constitue un pôle d’attraction majeur dans l’hexagone. Il n’est donc pas étonnant qu’elle soit extrêmement bien pourvue en établissements de haute gastronomie, avec un total de onze restaurants affichant deux étoiles au Guide Michelin, et trois établissements ayant décroché la triple récompense suprême. Un beau palmarès donc, pour une offre particulièrement diverse, comme vous allez pouvoir le constater au travers de cette sélection.

Deux étoiles bien calibrées :

À la Palme d’Or **, sur la Croisette, on donnait Christian Sinicropi partant après le rachat de l’hôtel Martinez par le groupe Hyatt. Il est pourtant toujours là, et même plus que jamais pourrait-on dire, puisqu’il indiquait récemment avoir refusé de participer à une émission de téléréalité pour ne pas quitter les fourneaux du célèbre palace cannois. Notre chef continue ainsi à créer une cuisine haut de gamme solaire et d’inspiration très fortement méditerranéenne. Une cuisine qui sait se montrer inspirée à l’occasion. Drôles d’assiettes aux formes parfois un peu bizarre en céramique créées par Madame Sinicropi. On adore la terrasse qui surplombe la croisette et offre un magnifique panorama sur la célèbre promenade, ses plages privées et la mer Méditerranée. IMG_2186

Au Monte Cristo ** (Le Castellet, 83), Christophe Bacquié organise une cuisine, des assiettes et un service parfaitement calibrés, lisses et sans aspérité, incontestablement au niveau des deux étoiles de ce restaurant gastronomique. Impeccable donc, avec un talent certain, quoiqu’impersonnel parfois.IMG_1546

Une certaine expression du style :

Les cuisines du restaurant gastronomique du Château Saint-Martin et Spa (Oetker Collection) * étaient dirigées par Yannick Franques, ancien second d’Eric Fréchon au Bristol à Paris, jusqu’à la fin de la saison 2013 : des assiettes aériennes, stylisées, allégées, aux goûts subtils et souvent surprenants constituaient la formule gagnante d’un établissement sans doute sur le chemin d’une troisième étoile. Le chef, qui devait démarrer la saison d’hiver à l’Apogée, a quitté le groupe à l’automne 2014. Le restaurant a depuis perdu une étoile. Lire ici.IMG_2080

La troisième étoile d’Arnaud Donckele a constitué pour beaucoup la surprise du Guide Michelin en 2013. Mais pas pour ceux qui ont fréquenté La Vague d’Or ces dernières années : son talent s’y est en effet largement épanoui pour opérer un saut qualitatif très net vers une cuisine plus personnelle, empreinte d’une grande sensibilité. Ce jeune chef de trente-cinq ans, désormais le benjamin des trois étoiles en France, possède le talent rare de nous raconter une belle histoire. Un incontournable ces temps-ci sur la Côte d’Azur. IMG_2507

Le plus W50 :

Mauro Colagreco, chez Mirazur ** à Menton, est le seul représentant du W50 dans cette région. Émargeant à la 28 place de ce classement international en 2013, controversé dans l’hexagone mais structurant dans le monde de la gastronomie internationale, notre chef italo argentin propose une cuisine épurée, qui, ayant évité le piège de la simple juxtaposition de beaux produits, n’a heureusement pas oublié l’usage des sauces. Un très bel exercice de style, très contemporain.IMG_2575

Les Institutions :

L’hôtel Négresco est sans doute le bâtiment le plus emblématique, et le plus photographié, de la ville de Nice. C’est aussi celui dont la décoration s’avère la plus kitsch. La salle du Chantecler ** n’échappe malheureusement pas à la règle. Dommage car la cuisine de Jean-Denis Riebland, légère, graphique, inspirée et totalement dans l’air du temps, méritait sans doute un écrin plus sophistiqué.IMG_1220

C’est d’une certaine façon au Louis XV *** que tout a commencé pour Alain Ducasse, qui en a repris la direction des cuisines en 1987 et obtenu trois étoiles en 1990. En 2015, ce grand restaurant devient Alain Ducasse à l’Hôtel  deParis. On retrouve ici le style culinaire si caractéristique de ce grand chef entrepreneur, cette simplicité et cette évidence désarmante dans la construction et l’écriture graphique des assiettes qui en constituent l’ADN. Le cadre de l’Hôtel de Paris, sa terrasse et sa vue sur le casino, sont exceptionnels.IMG_1218

Joël Robuchon ne pouvait pas être présent à Monte-Carlo. On le retrouve donc dans son restaurant de l’Hotel Métropole, sous la direction de Christophe Cussac. Pour les inconditionnels. Décoration bourgeoise terne et un peu décevante.IMG_1706

Ceux que l’on pourra éviter sans problème :

À l’Hostellerie Jérôme, dans le village médiéval de La Turbie, aux portes de la Principauté de Monaco, c’est moins la carte, qui nous joue la partition un peu usée d’un gastronomie franco-italienne à base de produits locaux, qui pose problème, que les assiettes. Sans grâce et sans charme, elles constituent un exemple rare à ce niveau d’une juxtaposition d’éléments qui semblent posés au hasard, sans aucune réflexion. L’addition n’a pourtant pas oublié d’afficher un niveau deux étoiles quant le restaurant n’en affiche lui-même plus qu’une depuis 2014.IMG_0969

La vue qui s’offre aux convives depuis les salles du Château de la chèvre d’Or, à Eze-Village, est exceptionnelle. Mais une vue ne fait pas forcément le bonheur des papilles et nous en avons une nouvelle fois la preuve ici. Service trop jeune, parfois défaillant, clientèle pas toujours d’une grande élégance, assiettes qui cèdent trop souvent à la facilité, sans cette sophistication qui constitue le marqueur des tables de haute gastronomie, en résumé le compte n’y est pas.RestaurantChevred'Or

Un mot sur le « rétrogradé » de l’année 2013 :

La sanction est tombée en mars : Le Relais de Rois, restaurant gastronomique du grand hôtel La Réserve de Beaulieu a perdu une de ses deux étoiles. Il y a sans doute eu trop de changements à la tête des fourneaux ces dernières années, mais la sanction s’avère tout de même sévère alors que le service et le decorum restent d’un très haut niveau. Gageons toutefois que Yannick Franques, deux étoiles précédemment et nouvel arrivé en cuisine du célèbre palace, changera la donne pour l’édition 2015 du guide rouge.

De l’autre côté de la frontière italienne :

Dal Pescatore, à quelques kilomètres de la ville de Brescia, est ce que l’on appelle une institution familiale: pas moins de trois générations de cuisinières (la fille, la mère et la grand-mère) se partagent les fourneaux pour proposer de belles réinterprétations, gastronomiques et toutes en finesse, des recettes de cuisine italienne de la famille. Inégal même si quelques assiettes sont particulièrement réussies. Desserts classiques mais de très belle tenue. Dommage que la décoration de la salle soit  trop bigarrée, et pour tout dire d’un parfait mauvais goût. IMG_2238

Les adresses qui n’ont pas été évoquées ci-dessus, mais sur lesquelles nous reviendrons une prochaine fois :

La Villa Archange, de Bruno Oger, au Cannet (deux étoiles).

La Bastide de Capelongue, de Edouard Loubet, à Bonnieux (deux étoiles).

L’Oasis, de Stéphane, Antoine et François Raimbault, à La Napoule (deux étoiles).

Le Petit Nice, de Gérald Passédat, à Marseille (trois étoiles).

3 réflexions au sujet de « Promenade parmi les restaurants deux et trois étoiles de la région PACA »

  1. Au vu de l’avis déçu de Mr Delmas, trouvé par la suite sur le blog, je précise que mes repas datent de Juillet 2011 et Septembre 2012 et que je ne sais pas quel était le chef en place à l’époque…

    • Bonjour « Verdure »
      En fait, La chèvre d’Or a perdu son lustre avec le départ de Philippe Labbé. J’y suis retourné dans d’assez mauvaises conditions, c’est pourquoi j’ai préféré m’abstenir d’en reparler dans ce papier.
      À bientôt
      Vincent D.

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