La Grenouillère ** (Alexandre Gauthier) La Madelaine-sous-Montreuil 62

IMG_0795_FotorCatégorie : Gastronomique.
Avis : Exceptionnel.
Prix : Assez Elevé.
Statut : Déjeuner Anonyme.

L’adjectif « Exceptionnel » n’est pas usurpé pour qualifier la cuisine d’Alexandre Gauthier à La Grenouillère, une première étoile en 2008, la seconde en 2016.

Un mot d’abord sur le menu dégustation, dont le déroulé qui suit vous donnera une idée précise :

Fraises vertes, algues… IMG_0801_Fotor

complété par couteau, blanc d’oeuf fuméIMG_0802_Fotor

Mirabelle, blanc d’oeuf… vinaigrette légèreIMG_0803_Fotor

Haricot beurre, cabillaud… pointe de crème fraîche, menthe et pimprenelleIMG_0805_FotorIMG_0804_Fotor

Cèpe, blé dur… dès de jambonIMG_0806_Fotor

Raviole jaune… crème citron anchoisIMG_0807_Fotor

Grenouilles meunière, citron…IMG_0808_Fotor

Veau basse température… chips à l’ail, jus de cuisson, jus de persil, brioche à la fleur de selIMG_0811_Fotor

MielIMG_0814_FotorIMG_0813_Fotor

Pêche, gentiane… IMG_0815_Fotor

Mûres sauvages, mélasse…IMG_0816_Fotor

Bulle du marais… herbes fraîches, sorbet menthe, panna cottaIMG_0817_Fotor

Avec ce déroulé, Alexandre Gauthier présente une cuisine d’auteur, expérimentale, bien de son temps et ancrée dans un territoire du Nord de la France, entre la côte d’Opale, les rives de la Canche et la baie de Somme, τόπος d’un paysage physique, moral et mental.

IMG_0797_FotorPas ou peu d’exotisme, ce qui pourra surprendre de la part d’un chef découvert avec un plat – clams, couteaux, grenade et mangue – présenté au grand public par le magazine Omnivore en 2005.

Une cuisine en forme d’expériences originales. Ainsi de la cire que l’on presse avec précaution en bouche pour en extraire le miel. Ou de cette mélasse qui accompagne les mures sauvages : doit-on manger les brindilles ? Peut-être, mais ça n’a pas un caractère d’évidence. On essaye. Sur plus de deux heures et demi, on ne s’ennuie pas une seconde.

IMG_0796_FotorLes dressages, empreints d’une grande naturalité, pourtant extrêmement travaillés et précis, souvent en trompe-l’oeil, participent de ce divertissement.

On aime sans doute moins les deux premières assiettes, fraises-algues vertes et mirabelles-blancs d’oeufs, prélude sans doute nécessaire à une montée en puissance, moments de fraîcheur qui préparent, mettent en appétit avant de pénétrer au coeur d’une histoire, d’une écriture, d’un moment de gastronomie.

IMG_0819_FotorCuisine et salle ont été conçues par Patrick Bouchain à partir de matériaux industriels. Pas de murs mais de larges ouvertures sur les jardins. Au centre de la salle en forme de tipi une rôtissoire. La vaisselle est composée de céramiques cuites selon la technique japonaise ancestrale du raku. Elles sont réalisées par Jean Lautrey à Manosque.

La congruence entre le style de l’appendice architectural contemporain, la vaisselle et les compositions d’Alexandre Gauthier est si forte, si évidente qu’elle influe radicalement notre expérience du repas.

Menu déjeuner : 45 €. Il se composait le jour de notre visite de grenouilles à l’ail ou meunières, deux garnitures de légumes, ainsi que de deux desserts (Nectarine-gentiane et Caramel-noix).

Menu dégustation : 90 €. C’est celui qui a été présenté ci-dessus. Il comprend 9 services et peut être complété d’une assiettes de cuisses de grenouilles (à l’ail ou meunières, au choix) : 15 €. Plateau de fromages : 12 €. Accompagnement de 4 verres de vin : 48 €.

À la carte : entrées 30-35 €, plats 45-50 €, desserts 12 €.IMG_0798_Fotor

Réservation indispensable.

De Paris, on accède à la Grenouillère en voiture depuis la porte Maillot, 221 kilomètres. Comptez deux heures environ.

En résumé :

Les plus : La pièce de veau cuite à basse température. Plus généralement, le travail sur les viandes, leurs textures, leurs cuissons.
Les moins : Une herbe indispose le palais, qui s’est glissée dans le dessert du marais.IMG_0818_Fotor

Le conseil : À plusieurs, demandez d’être placé à la table d’hôtes, face au plan de travail du chef. Prendre le café dans le petit salon du bâtiment historique, désormais dévolu à l’hospitalité. Vous y découvrirez les fresques réalisées dans les années 20 par un dessinateur humoriste anglais, Franck Reynolds, qui représentent… 

Conclusion : Une cuisine inclassable, mais qui pourrait fort bien gagner prochainement une seconde étoile.

La Grenouillère
Rue de la Grenouillère
62 170 La Madelaine sous Montreuil
Ouvert tous les soirs sauf le mardi, au déjeuner le vendredi, le samedi et le dimanche.
Téléphone : 03 21 06 07 22
http://lagrenouillere.fr/

Le livre Alexandre Gauthier, cuisinier paru en 2014 aux éditions de la Martinière réussi à retranscrire, dans la forme et le fond, l’esprit de cette cuisine si particulière et du lieu qui lui sert d’écrin. Il comprend quelques textes, de nombreuses photos, ainsi que des recettes, dont certaines semblent, à tord peut-être, réalisables chez soi. Une belle réussite éditoriale.IMG_0832_Fotor

Une réflexion au sujet de « La Grenouillère ** (Alexandre Gauthier) La Madelaine-sous-Montreuil 62 »

  1. Un hasard heureux. Au bout du chemin improbable, la découverte d’une cuisine insolite, de la recherche, de la recherche… Pas de fausse note.
    On a gouté l’originalité et joué le jeu des saveurs à découvrir. Se laisser bercer par toutes les attentions et déguster. Le rayon de miel, un délice, les grenouilles plus classique, délicieux. Le menu avec deux desserts tout aussi originaux l’un que l’autre, j’ai aimé; le cadre pour rêver de la même façon.
    La bulle du marais ? Une vraie expérience. J’y reviens sous peu. Prix mérités

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